LA VUE

UN OEIL, COMMENT CA MARCHE !

  • Système visuel : Mode d’emploi

Structure d'un oeilBien voir net
Afin que l’œil transmette au cerveau une information de bonne qualité, l’image d’un objet doit se former sur la rétine. Dans ce cas, l’œil est emmétrope. La position de l’image dépend de la puissance de l’œil et de sa taille.

Bien voir de près
Lorsque l’objet se rapproche de l’œil, son image passe derrière la rétine. Elle n’est donc plus vue nette et l’œil doit faire un effort pour replacer cette image sur la rétine. Le cristallin se déforme alors pour augmenter la puissance de l’œil. C’est l’accommodation.

Bien voir simple
Nous ne voyons simple que si nos deux yeux regardent la même chose en même temps. Pour voir simple un objet qui se rapproche, nos yeux tournent vers l’intérieur. C’est la convergence.

L’accommodation et la convergence sont liées entre elles 
Plus l’œil accommode, plus les deux yeux convergent.

Bien voir en relief
Pour avoir une bonne vision du relief, les deux yeux doivent fournir deux images :
> en même temps,
> qui se ressemblent,
> mais sont légèrement décalées.
Ce sont les trois degrés de la vision binoculaire ou 3D.

Test convergence yeux  Test vision 3D

 

  • LES PRINCIPAUX TROUBLES DE LA VUE

Vision hypermétropeL’hypermétropie, une mise au point permanente
L’œil est trop petit. Il voit bien de près et bien de loin mais doit faire  un effort permanent, il se fatigue vite et, parfois, un œil dévie en  fin de journée.

 

 

Vision myope

La myopie, un mauvais réglage
L’œil est trop grand. Il voit bien de près mais mal de loin. Souvent  héréditaire, la myopie apparaît volontiers durant les années de primaire et peut nettement se développer à la puberté, au
moment de la croissance.

 

Vision astigmate

L’astigmatisme, une erreur de parallaxe
La cornée est de forme ovale au lieu d’être ronde. Cela se traduit  par une vision floue de près comme de loin. L’astigmatisme est souvent associé à une hypermétropie ou à une myopie.

 

 

  • D’AUTRES PROBLÈMES DE FONCTIONNEMENT

L’insuffisance de convergence
Les muscles n’ont pas la capacité de maintenir la convergence toute la journée. Cela peut provoquer des maux de tête et, parfois, une vision double en fin de journée, notamment lors d’une activité intense en vision de près.

Hétérophorie
Les deux axes visuels sont légèrement déviés mais le système visuel compense. Les symptômes sont identiques à ceux de l’insuffisance de convergence mais la cause est différente.

Strabisme
Les deux axes

visuels sont déviés en permanence et il n’y a pas de vision du relief. Si le strabisme n’a pas été pris en charge au plus jeune âge, l’un des yeux demeure amblyope, ce qui signifie une acuité visuelle faible, non perfectible.

 

  • PROBLÈME DE VISION DES COULEURS

Test de la vision des couleurs

Les dyschromatopsies

Chez certains enfants, souvent les garçons, des problèmes de vision des couleurs peuvent exister, appelés, quelquefois à tort, « daltonisme » car il existe plusieurs troubles. Les enfants voient deux couleurs différentes de la même façon. Ce problème apparait dès la naissance, et passe souvent inaperçu, sauf à placer les deux couleurs confondues côte à côte ou l’une sur l’autre (la craie rouge sur le tableau vert, par exemple).
Attention, lorsque ces couleurs sont isolées, ces enfants n’ont aucun problème pour les nommer.

Qu’est ce que la basse vision ?

L’espérance de vie augmentant, de plus en plus de personnes présentent une déficience visuelle liée à l’âge ne pouvant se corriger par de simples lunettes. L’Organisation Mondiale de la Santé a défini cinq catégories de déficience, classées de 1 à 5 selon la perte de l’acuité visuelle et la réduction du champ de vision

Mal-voyance : quelques précieux dixièmes

Les catégories 1 et 2 englobent ce que l’on appelle la mal-voyance, l’amblyopie ou la basse vision. Les personnes atteintes peinent à voir les formes et les détails mais conservent une partie de leurs capacités visuelles. Celle-ci peuvent être améliorées, notamment grâce à des aides optiques :

  1. Déficience visuelle moyenne
    Après correction, l’acuité visuelle se situe entre 1 et 3/10. Le champ visuel est d’au moins 20°.
  2. Déficience visuelle sévère
    Après correction, l’acuité visuelle se situe entre 1/20 et 1/10.  Il est possible de compter les doigts de la main à trois mètres.

Cécité : une seule définition pour différentes déficiences

Les trois catégories suivantes correspondent toutes à la cécité, mais le handicap augmente au fur et à mesure que la perception lumineuse faiblit.

  1. Déficience visuelle profonde
    Après correction, l’acuité visuelle se situe entre 1/50 et 1/20. La personne peut compter les doigts d’une main à un mètre.
  2. Déficience visuelle quasi-totale
    Après correction, l’acuité visuelle demeure inférieure à 1/50. La personne perçoit encore la lumière. En revanche, elle s’avère incapable de compter les doigts d’une main à un mètre, ou son champ visuel est très réduit.
  3. Déficience visuelle totale
    La cécité est absolue, la lumière n’est pas perçue.

Les principales causes de déficience visuelle

Différentes maladies peuvent entraîner une basse vision. Les plus répandues sont le glaucome, la cataracte, la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (DMLA) et la rétinopathie diabétique.

Le glaucome : trop de pression

Il touche essentiellement les plus de 40 ans. Cette maladie est due à une pression trop élevée à l’intérieur de l’œil qui entraîne la destruction progressive du nerf optique. Le champ de vision se réduit, la cécité guette en l’absence de traitement médicamenteux ou chirurgical.

La cataracte : de la transparence à l’opacité

Liée au vieillissement, elle atteint de préférence les personnes âgées. Elle provoque l’opacification du cristallin, normalement transparent. La cataracte rend la vision trouble, notamment de loin. L’ablation chirurgicale du cristallin permet de retrouver une vision normale, parfois sans lunettes.

DMLA : la perte de la vision centrale 

La Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age est la première cause de cécité chez les personnes de plus de 60 ans. Elle est provoquée par une lésion dégénérative du centre de la rétine, au niveau de la macula. La personne atteinte est gênée lorsqu’elle regarde droit devant elle, mais conserve sa vision périphérique, ce qui lui permet de se déplacer.

La rétinopathie diabétique : le danger de la cécité

Elle touche environ un tiers des diabétiques. Cette complication grave provoque de minuscules hémorragies des vaisseaux menant à la rétine. Les lésions entraînent une baisse progressive de la vision pouvant, sans traitement, mener à la cécité.

Les solutions

Les personnes malvoyantes disposent de différentes solutions pour utiliser au mieux leurs capacités visuelles restantes. Les aides optiques et la rééducation sont parfois les seules solutions leur permettant de rester actives et autonomes.

Les aides visuelles à la loupe

  • Les loupes grossissantes et de préférence éclairantes, à poser ou à main, permettent aux malvoyants souffrant d’une perte légère de vision de près de lire plus confortablement.
  • Les verres filtrants spécifiques aux malvoyants sont utilisés pour diminuer l’éblouissement tout en maintenant l’acuité visuelle centrale. Ils sont souvent associés à des montures enveloppantes.
  • Les télé-loupes montées sur lunettes (systèmes Galilée ou Kepler) permettent d’obtenir des grossissements plus importants qu’avec les loupes et de pallier ainsi les difficultés rencontrées en vision de loin et de près.
  • Les agrandisseurs électroniques, associant caméra et écran, grossissent jusqu’à 50 fois. Certains prévoient le déplacement de la caméra sur un document à lire. D’autres ont un plateau mobile sur lequel on place le document – ce qui permet aussi d’écrire. Certains peuvent en outre se relier à un ordinateur.

La rééducation orthoptique, pour voir « autrement »

Elle s’adresse à toute personne malvoyante, quel que soit son âge, le type et l’ancienneté de sa déficience. La rééducation permet de minimiser le handicap visuel et ainsi, de garder ou retrouver le plus d’autonomie possible. Chez l’enfant, elle est d’autant plus précieuse qu’elle va faciliter l’apprentissage de la lecture.
Pratiquée par des centres spécialisés ou des orthoptistes, elle nécessite généralement une consultation d’évaluation, puis une dizaine de séances. Elle sera adaptée au patient : si une personne souffre de problèmes de vision centrale, on lui apprendra à bien utiliser sa vision périphérique. Des conseils personnalisés pour la vie quotidienne, des exercices de motricité de l’œil et de coordination entre la vue, l’audition et le toucher sont également proposés.
Une rééducation implique souvent d’autres professionnels (ophtalmologiste, psychologue, instructeur en locomotion…). L’opticien joue aussi un rôle important en conseillant les aides optiques pouvant améliorer la perception visuelle du malvoyant.